Jeu, joueurs et arbitre
Le jeu
De tous les scénarios possibles et imaginables, celui de la première mi-temps de ce France-Italie a été le plus cauchemardesque pour les Bleus. En 20 minutes, face à la plus faible équipe d’Italie jamais rencontrée depuis 30 ans, les Bleus ont perdu Abidal, bêtement expulsé pour une faute sur Toni en position d’annihiler une action de but. Sur le penalty, Andrea Pirlo a donné l’avantage aux Azzurri. A dix contre onze, Raymond Domenech, pour éviter d’accélérer le naufrage Bleu, a posé une rustine en sortant Nasri pour faire entrer Boumsong. Car Samir Nasri était entré en jeu dès la 8eme minute pour palier la sortie sur blessure de Franck Ribéry, touché sur une faute commise par lui-même… Un expulsé, un but, un meneur de jeu blessé, une Italie qui s’amuse devant sans toutefois tuer le match pour le moment (merci Luca Toni) : cette première période restera dans les annales du foot français comme l’une des plus malheureuses jamais connues.
Si les Italiens ont mis la pression logiquement sur les arbitres avant ce match suite aux multiples erreurs subies face aux Néerlandais et aux Roumains et si la double peine peut paraître sévère, on ne peut reprocher à Monsieur Michel d’appliquer strictement le règlement sur cette faute énorme d’un Abidal dépassé. Ensuite, le Français est passé tout près de la correctionnelle. Provoqué par Gennaro Gattuso, il a été à deux doigts d’expédier le Milanais au sol. Même son ancien partenaire monégasque Christian Panucci, venu à sa rescousse, a été repoussé par un Abidal hors de lui lors de son retour aux vestiaires. La suite ? Moins catastrophique mais pas mal non plus puisque c’est sur une déviation d’Henry que Daniele De Rossi prend à contre-pied Coupet. Ce n’est pas vraiment un contre son camp mais ça ne fait pas tâche dans le triste tableau. Quelques minutes plus tôt, les Pays-Bas venaient d’enflammer la Curva italienne avec l'ouverture du score face à la Roumanie.
Grégory COUPET (4)
Engagé sur trois des quatre buts français face aux Pays-Bas, il aurait dû sortir dans les pieds de Tony
sur l’action qui amène le penalty (24eme). Mais apparemment, il était
dit que le gardien lyonnais ne sortirait pas beaucoup dans cet Euro,
même s’il dégage bien un ballon des poings cinq minutes avant le but.
Sur le penalty, il ne peut rien faire sur la grosse frappe de Pirlo. Il
prive toutefois les Italiens du but du break juste avant la pause en
réussissant une superbe horizontale sur un coup-franc de Grosso
(44eme). Sur celui de De Rossi, il est pris à contre-pied par la
déviation involontaire d’Henry.
François CLERC (5)
Pour ses débuts dans une telle compétition a pris le parti de beaucoup monter, ce que n’avait pas beaucoup fait
Sagnol, mais il n’a pas été d’une grande utilité puisque aucun de ses
nombreux centres n’a trouvé preneur. Défensivement, ses gestes ont été
un peu plus efficaces même s’il a le malheur de commettre une faute sur
Cassano à une vingtaine de mètres qui amène le deuxième but italien
(63eme).
Eric ABIDAL (non noté)
Préféré à Thuram dans
l’axe, poste auquel il faisait son retour, il a été en dessous de tout.
D’entrée, il passe au travers sur une longue ouverture de Grosso et
permet à Toni de se présenter seul devant Coupet (3eme). Vingt minutes
plus tard, pas attentif, il est surpris par le départ de ce même Toni
et ne trouve pas mieux que de cisailler l’attaquant italien en position
de dernier défenseur. Ce qui lui vaut d’être logiquement exclu.
William GALLAS (5)
Mieux entré dans le match que
son partenaire de la charnière centrale pour l’occasion (Abidal) – ce
qui n’était pas bien compliqué – il a lui aussi souffert face au grand
Toni mais n’a jamais réellement flanché même si ses relances n’ont pas
toujours été idéales. En fin de match, il a encore eu la force de se
jeter aux devants de l’attaquant italien, privant celui-ci d’un but
presque tout fait de la tête (72eme). Par la suite, il s’est blessé en
taclant et a terminé la rencontre sur une jambe.
Patrice EVRA (4,5)
Rapidement averti pour un
violent tacle sur Cassano le long de la ligne de touche (18eme), il
n’en a pas pour autant perdu de sa vigueur dans ses interventions mais
n’a pas eu son apport habituel dans son couloir gauche où Zambrotta lui
a posé des problèmes. Devant, il ne s’est pas beaucoup montré même si
son abnégation sur un tacle peu avant la mi-temps a permis à la France
d’obtenir un bon coup-franc (38eme).
Claude MAKELELE (4)
Il a donné le ton dès le
début de la rencontre en repoussant sur sa ligne une puissante tête de
Panucci (11eme). Ensuite, on l’a davantage vu à l’œuvre dans les tâches
défensives, où il a fait un gros travail, que dans son rôle habituel de
premier relanceur. Après les sorties successives de Ribéry et Nasri, il
s’est pourtant improvisé meneur de jeu. Mais c’est justement lorsqu’il
a tenté de prendre les clés du jeu de son équipe qu’il a rendu beaucoup
de ballons aux Italiens. On attendait plus de lui.
Jérémy TOULALAN (5)
Vieira n’ayant toujours
retrouvé véritablement l’usage de son genou gauche, il a de nouveau été
titularisé aux côtés de Makelele. Plus appliqué que face aux Pays-Bas,
il a beaucoup cherché à trouver ses attaquants sans passer forcément
par la case milieu. Il a notamment beaucoup cherché son partenaire de
club, Benzema, dès que ce dernier décrochait. Tout n’a pas été parfait,
loin de là, mais on ne pourra pas lui reprocher d’avoir beaucoup couru
et fourni des efforts constants.
Sidney GOVOU (4)
Excellent face aux Pays-Bas
pour son premier match dans cet Euro, Govou a eu beaucoup plus de mal
mardi. Pas du tout inspiré, notamment sur cette frappe de loin alors
que Clerc était tout seul sur sa droite, il n’a jamais vraiment réussi
à faire la différence et, malgré beaucoup de mouvements de sa part,
Grosso n’a pas vraiment eu à forcer pour enlever le duel avec son
coéquipier à l’OL. Pas toujours lucide, le milieu droit français a été
averti en première période pour un tacle dur sur Cassano (18eme).
Franck RIBERY (non noté)
Meilleur joueur
français de cet Euro, il avait de nouveau entamé la rencontre plein
d’intentions, remontant plusieurs bons ballons et trouvant plutôt
facilement Benzema. Mais en tentant de reprendre Zambrotta, parti en
contre, il s’est gravement blessé à la jambe gauche (7eme). Il a tout
de suite demandé à sortir et a quitté la pelouse sur la civière. Sous
les applaudissements des joueurs des deux équipes. Remplacé par Samir NASRI (8eme), qui est entré à froid dans la partie et a à peine eu le temps
de se mettre dans le rythme qu’il était déjà contraint de retourner sur
le banc suite à l’expulsion d’Abidal. Remplacé par Jean-Alain BOUMSONG (5,5),
qui a fait « du Jean-Alain Boumsong », à savoir beaucoup de solidité
dans ses interventions, beaucoup de rigueur au marquage sur l’homme
mais pas toujours autant de précision dans les relances ou les
dégagements. Dans l’ensemble, cela donne tout de même une bonne entrée.
Thierry HENRY (4)
Comme tous ses partenaires, il
a passé une sale soirée. Sauf que lui est en plus coupable d’une remise
involontaire de la tête dans les pieds de Pirlo en début de rencontre
(12eme). Mais il faut surtout retenir, malheureusement pour lui, ce
pied gauche qui se soulève dans le mur français et propulse
involontairement le ballon hors de portée de Coupet sur le deuxième but
italien (62eme). Cela fait beaucoup au final pour un seul homme, qui
n’a en plus jamais réussi à trouver le chemin des filets. Pas plus sur
cette passe de Toulalan après un bel appel croisé (34eme) qu’à un autre
moment.
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